12/09/2009

Grippe A et Bla-bla-bla


La grippe pourrait bien tous vous flinguer! les masques à gaz vous ruiner ! et le vaccin? c'est bien?


Afin de persuader le maximum de Français à se faire vacciner contre la grippe A (H1N1), la presse, soucieuse de la santé de ses ouailles, évoque les morts et rallonge chaque jour la liste des décédés. Or, surprise, les gens qui en meurent sont ceux que la grippe normale atteint généralement : les bébés et les personnes âgées. Avec la fermeture progressive des écoles en attendant l’interdiction de sortir de chez soi, on propose des masques. J’ai vu l’autre jour un très jeune écolier en vélo affublé d’un bandana sur le bas du visage. Il roulait à contre-sens. On eût dit un fou sorti de l’asile. Mais je me trompais. Cet enfant avait simplement regardé la télévision ou écouté sa maman qui devait elle-même écouter la radio en couleur. Il y a trois mois, les journaux affirmaient que cette grippe porcine se corrigeait à coups de paracétamol, et désormais, ils nous citent l’exemple de Benjamin Castaldi cloué dans son lit (le TV Mag du 11/09/09 titre «Castaldi au fond du gouffre»). Vous l'avez compris, Benjamin Castaldi ne peut présenter l’émission Secret Story, qui rend les Français plus intelligents qu'ils ne le sont réellement. Mais si l'élément suprême de cette émission vient à s'absenter visiblement, si le leader est en danger, que deviendront les spectateurs ?

« TVMag vous l'a annoncé, Benjamin Castaldi est dans l'incapacité de présenter Secret Story (prime et quotidiennes confondus) et ce jusqu'à nouvel ordre. Les rumeurs le disent atteint de la grippe H1N1 mais selon jeanmarcmorandini.com, l'animateur serait simplement malade d'une banale grippe.

Quoiqu'il en soit c'est le beau Nikos Aliagas (sic) qui va remplacer Benji jusqu'à dimanche inclus. Hier, Alessandra Sublet a réussi a joindre le présentateur de Secret Story en direct de C à vous sur France 5. « Je suis cloué au fond de mon lit (...) Je suis terrassé, au fond du fond du gouffre. », a expliqué l'animateur. « Je ne sais pas si c'est la grippe A, on le saura vendredi après-midi, après des examens médicaux. Les préventions qui ont été décidées pour éviter la propagation du virus font que dès qu'il y a un doute, on vous demande de rester chez vous donc je reste chez moi ».


Un animateur au top de sa forme


Admirez l’ambiguïté de cet extrait de TVMag : Benjii ne sait même pas s’il est atteint de la grippe A, mais comme cela est possible, il reste couché en montrant à ses téléspectateurs la voie à suivre : celle de l’obéissance à l’autorité. Si c’est Benji qui le dit, je ne vois pas pourquoi quiconque oserait se rebeller, encore moins le téléspectateur de Secret Story. La suite de l’épisode pourrait être un titre du genre : « Benji guéri de la grippe » avec un récit sur sa guérison et l’utilité miraculeuse du vaccin. Il tirera de sa piquouze une leçon de vie et s’érigera en exemple de comportement citoyen. Le spectateur avisé de Secret Story, lui, en tirera les conclusions adéquates (puisqu'il est rendu plus intelligent grâce à son émission).

D’ailleurs une autre grande figure de l’élite, Roselyne Bachelot, « a indiqué que la campagne pourrait commencer à la mi-octobre. La stratégie définitive devrait être proposée d’ici à quinze jours par la ministre à Nicolas Sarkozy ainsi qu’à François Fillon » (Humanité du 11 sept.2009). Par contre, un tiers des médecins, infirmières et aides soignantes refusent catégoriquement de se faire vacciner. Et l’Huma de conclure: « L’une des raisons de cette réticence est de laisser les vaccins à ceux qui en ont le plus besoin » ("on" recommande en priorité le vaccin aux « personnels de santé et de secours, aux femmes enceintes ainsi qu’aux nourrissons de 6 à 23 mois avec facteur de risque et à leur entourage »). C’est peut-être tout simplement parce qu’ils ne sont pas persuadés de l’efficacité, ni de la raison d’être de ce vaccin ? « Un sondage du Syndicat national des professionnels infirmiers, réalisé auprès de ses adhérents, révèle que 63 % d’entre eux refusent la vaccination ». Voilà. Rien ne va plus ! Il faut plus de célébrités au fond du lit. Certes, tout le monde ne raffole pas de Benjii, mais comme (presque) tout le monde regarde Secret Story, la campagne rêvée de Bachelot est bien partie.

24/06/2009

Saint Padre Pio



Les Fioretti, en Italien, sont les « petites fleurs » qu’il faut cueillir pour embellir sa foi. Ces histoires édifiantes ont la particularité d’être véridiques. Dans la religion catholique, les Fioretti les plus connues et les plus appréciées restent celles de Saint François d’Assise, mais celles du Saint Padre Pio sont tout aussi intéressantes. Innombrables sont les cas les guérisons miraculeuses, de conversions foudroyantes, liées au seul fait de rencontrer le Padre et de se confesser à lui. Padre Pio lisait dans l’âme de tous. Il était extraordinairement généreux, tout en sachant se montrer ferme voire implacable. Il souffrit, à l’image du Christ, les plus grandes douleurs ; il n’était pas dénué d’humour. Pour qui veut découvrir le Padre, les Fioretti sont un excellent début. Je vous livre donc une belle histoire concernant Padre Pio et un fidèle, que l’on trouve telle quelle dans le petit livre de Pascal Cataneo, Fioretti de Padre Pio, aux éditions Mediaspaul (1990). Padre Pio fut canonisé le 16 juin 2002.

Justifier



CONVERSIONS EN CHAINE

Luisa Vairo habitait Londres, lorsqu'en septembre 1925 elle se rendit à San Giovanni Rotondo. Elle a raconté sa conversion et celles de plusieurs autres personnes, liées à la sienne.

Cette dame avait longtemps vécu éloignée de tout sens religieux de l'existence en recherchant continuellement les plaisirs, sans pour autant réussir à trouver pleine satisfaction. Dans cet état de tension, elle fut ébranlée par un événement survenu dans son entourage : la conversion d'un ami très cher, grâce à Padre Pio. Le récit que lui fit cet ami l'impressionna au point qu'elle conçut un très vif désir de connaître ce fameux capucin du Gargano.


Un jour elle se rendit à San Giovanni Rotondo. A son arrivée, elle eut une impression étrange devant le dénuement du pays et du couvent, difficile à imaginer aujourd'hui, après tant de transformations. Quel contraste à côté des salons de Londres ! La dame eut un mouvement de répulsion ; son premier réflexe fut de s'éloigner le plus rapidement possible. Pourtant, elle sentait monter en elle un sentiment d'attirance pour la simplicité, la sérénité, la douceur de l'ambiance. Cela la déroutait. A la pensée de devoir rencontrer un religieux qui vivait dans la douleur des stigmates, qui savait et voyait tout, elle était remplie d'une immense frayeur. Réalisant l'abîme qui séparait son milieu adonné aux plaisirs et ce monde mystérieux, elle éclata en sanglots, troublant les personnes qui l'entouraient dans la petite église. Padre Pio arriva, s'approcha d'elle et, comme s'il savait depuis toujours l'histoire de cette âme, lui dit : « Madame, calmez-vous, calmez-vous. La miséricorde de Dieu est infinie. Jésus est mort sur la croix pour les pécheurs. » Madame Vairo dit aussitôt :« Je veux me confesser, Père. - Calmez-vous, Madame, ce n'est pas le moment. - Mais moi, je ne saurai rien dire, comment vais-je faire ? - Revenez cet après-midi à trois heures, je vous confesserai. Pour le moment, allez vous restaurer un peu, puis venez me trouver. Si vous ne parlez pas, c'est moi qui parlerai. »

Cette dame obéit point par point au Père, mais l'esprit confus et agité, elle ne put préparer sa confession. Quand elle revint vers le religieux, celui-ci prit l'initiative et lui énuméra tous les péchés qu'elle avait commis en précisant le lieu, l'époque et les circonstances, ce qui la fit blêmir. Padre Pio avait omis cependant un péché, et il lui demanda :« Tu ne te rappelles plus rien ? » La pénitente se souvenait fort bien de cette faute qu'il avait tue. Elle resta un instant perplexe : devait-elle la dire... ou non ? Puis elle se décida et l'avoua. Alors Padre Pio, rayonnant, s'écria : « Enfin, c'est cela que j'attendais ! » Puis il lui donna l'absolution de tous ses péchés.


Madame Vairo, ainsi pardonnée, se sentait devenue quelqu'un d'autre. Non seulement elle voulut rester quelque temps encore près de celui qui l'avait tirée du néant, mais elle s'imposa une rude pénitence pour expier son passé. Un jour elle décida d'aller nu-pieds depuis son logement jusqu'au couvent, sous une pluie glacée mêlée de grésil. Elle arriva trempée et les pieds en sang. Padre Pio, en la voyant dans cet état, lui dit qu'il s'agissait d'une très forte pénitence, puis il ajouta : «Mais cette eau ne mouille pas», et les vêtements de Madame Vairo furent secs sur-le-champ.

Ce n'est pas tout. Cette dame avait un fils qui - tout comme elle auparavant - restait éloigné de l'Eglise. Dans la ferveur de sa nouvelle vie, elle lui écrivit, lui relatant sa conversion et lui parlant avec enthousiasme de Padre Pio ; elle l'invita même à la rejoindre à San Giovanni. Le fils ne voulut rien savoir et répondit qu'il ne s'y rendrait jamais, même par curiosité. Padre Pio exhorta la mère à persévérer dans la prière pour son fils, assurant qu'il se convertirait lui aussi un jour.

Peu après, Madame Vairo lut dans un journal apporté par un ami français venu lui rendre visite, que le navire sur lequel se trouvait son fils avait fait naufrage et que de nombreux passagers s'étaient noyés. Croyant que son enfant se trouvait parmi ces derniers, elle était dans le plus grand désespoir. Padre Pio, après avoir appris la raison de son chagrin, lui dit : « Qui t'a dit que ton fils est mort, pour que tu te mettes dans un tel état ? » Elle répliqua :« Et qui me dit qu'il est vivant ? » Le religieux se recueillit pour prier, puis déclara : « Remercie Dieu. Ton fils est en vie et il se trouve à tel endroit. » Et il lui indiqua ce lieu avec précision. La mère écrivit immédiatement à cette adresse, au moment même où le rescapé lui écrivait de son côté pour la rassurer. Les deux lettres se croisèrent, et le fils fut très étonné que sa mère ait pu savoir déjà où il était. Ceci l'intrigua tellement qu'il se rendit à San Giovanni Rotondo pour élucider ce mystère.


La foule attend pour se confesser au Padre


Quand il arriva, sa mère le pria de rester à jeun pour pouvoir se confesser et recevoir ensuite la sainte communion des mains de Padre Pio. Le jeune homme promit puis s'excusa, disant qu'il allait au marché et qu'il reviendrait aussitôt. Là, il acheta deux oeufs, qu'il goba... puis une grappe de raisin qu'il mangea aussi. Ensuite, il rejoignit sa mère dans la sacristie. Lorsque Padre Pio arriva, Madame Vairo lui présenta son fils en disant : « Père, voici mon enfant dont je vous ai parlé. » Padre Pio le regarda d'un air plutôt ironique et dit : « Quel fripon ! Quel petit menteur ! » et se tournant vers la mère il ajouta :« Tu le crois, toi, ma pauvre, qu'il est à jeun ? » Le jeune homme se crut en droit d'intervenir et dit au Père : « Pourquoi me traitez-vous ainsi ? Vous ne me connaissez pas. » Padre Pio répliqua : « Tu veux encore insister et soutenir que tu es à jeun... et les deux oeufs ?... et le raisin frais que tu as mangés ? » Alors le jeune homme se rendit et s'écria : « Père, pardon... je crois ! » Et il se convertit à son tour.

Cette photo de Padre Pio, rayonnant, fut prise en 1952. Il avait alors 65 ans

28/05/2009

Vendée : enjeu de mémoire, jeux de cocos


Les éditions du Cerf ont récemment réédité l’ouvrage de Gracchus Babeuf La guerre de Vendée et le système de dépopulation paru en 1795, à l’occasion du procès de Jean-Baptiste Carrier, auteur des noyades de Nantes, entre autres massacres.

Or si l’assassin Carrier a payé pour ses crimes, il a principalement servi de bouc émissaire, disculpant de ce fait les autres terroristes qui s'étaient réclamés de son autorité pour ne pas être jugés. De même, l’histoire nationale a entièrement occulté ce qui eut lieu en Vendée, en 1793 et 1794. C’est ce que Reynald Sécher entend rappeler en donnant la parole à Gracchus Babeuf, qui publia ce réquisitoire d’une modernité inouïe contre la politique des Conventionnels. Le crime de masse dirigé contre les Vendéens, tous les Vendéens (royalistes ou non), est, aux yeux de Babeuf, injustifiable. Son texte aux allures de pamphlet peut rebuter par une éloquence révolutionnaire et des références à l'antiquité désormais démodées. Néanmoins, le texte de Babeuf vaut la peine d’être lu, tant pour sa modernité (son concept de populicide devance celui de génocide), pour le témoignage qu'il apporte sur la connaissance qu'avaient les contemporains de l'horreur commise, que pour l’appareil critique qui l’entoure : les préfaces et introductions de Secher, Courtois et Brégeon sont passionnantes. Elles ont le mérite de recentrer le débat autour du "génocide vendéen".

Les noyades : c'est la fête à Nantes


Dans sa préface, Stéphane Courtois rappelle que le terme de génocide fut inventé par un Polonais d’origine juive, Raphaël Lemkin. Ce juriste avait fui les deux régimes totalitaires de son époque, communiste et nazi. Face à l’abomination des crimes nazis, Lemkin déduisait que c’était la première fois qu’un État conceptualisait l’extermination d’un groupe humain. En conséquence, le terme pour l’exprimer devait, lui aussi, être neuf. Il créa donc le terme de « génocide » à partir du grec (« géno- », race/tribu) et du latin (« -cide », idée de tuer). Mais Lemkin n’avait jamais entendu parler de la Vendée, ni du terme « populicide », forgé à cette occasion par Babeuf. Chose étonnante, Babeuf qualifia de « crime contre l’Humanité » l’anéantissement des Vendéens par la Convention. (1)

Reynald Sécher note, dans son avant-propos, que les Français ont du mal à concevoir le concept de génocide tel qu'il fut défini par le Tribunal international de Nuremberg, en 1945. C’est l’occasion pour lui de le rappeler à un large public. Il existe 3 types de génocide: 1°) la conception d’extermination d’un groupe humain de type ethnique, racial ou religieux. 2°) la réalisation, totale ou partielle de cette extermination. 3°) la complicité dans la conception ou la réalisation de l’extermination.

La question est donc de savoir si l’on conceptualisa, si l'on réalisa l’extermination en Vendée ? Et si la Vendée constitua bien un «groupe humain de type ethnique, racial ou religieux»?

R. Sécher, historien et docteur d’État, entend y répondre, documents à l’appui. C'est le moyen de faire sortir cette question de la polémique «franco-française», trop souvent réduite à voir s'opposer les historiens dits «royalistes ou catholiques» (les seuls, avec les Vendéens, à se soucier de la question), aux «historiens robespierristes / de tendance communiste», qui détiennent les postes-clé universitaires, et contrôlent le discours en vigueur sur ces évènements historiques. Mais le débat est faussé, ces derniers faisant avorter toute discussion sous le prétexte qu’on ne peut faire d’omelette sans casser d’œufs : "les intérêts supérieurs de la France appelaient ces dommages collatéraux", ou bien : "on a exagéré, il y a eu des massacres, mais il n'y a pas eu tant de morts que cela", ou encore: "il fallait mater les rebelles", etc. Plus élégamment, lorsqu'ils se trouvent dans l'incapacité de réfuter les preuves qu'ils ont sous les yeux, ils renvoient les «partisans du génocide» à leurs liens personnels à la cause «royaliste», «catholique», «contre-révolutionnaire», «ultra», et, implicitement, à la cause «fasciste» (cette digne méthode s'appelle la loi de Godwin). Comme si, en employant contre leurs adversaires la stratégie du discrédit par l'insulte, ils se situaient, en retour, dans le domaine du pur esprit, sur le terrain de l'impartialité scientifique. Et le fait que certains défenseurs de la Vendée soient "conservateurs", cela suffit-il à réduire leurs travaux et recherches au néant, à un fantasme? L'historien n'est-il pas supposé se défaire de ses préjugés en travaillant? Seulement, c'est un fait, la question prend une tournure dramatique du point de vue des "professeurs": en parvenant à établir légalement qu'il y eut génocide, ces historiens (soupçonnés de royalisme et de catholicisme, des idéologies relevant des "heures les plus sombres de notre Histoire"), ces historiens "douteux" ne risqueraient-ils pas d'illustrer que la République fut établie sur des mystifications et des mensonges ? des "mensonges" de ce genre-là: "Avant 1789: tyrannie, famines, obscurantisme... après 1789: liberté, fraternité, amour de l'humanité"?... Chose terrible, ou comique: c'est à ces questions menaçantes que tentent de répondre nos "professeurs", piégés par l'esprit partisan dans leurs tentatives de faire respecter à tout prix la virginité de la «République» (Liberté, Egalité, Fraternité). Leurs réponses sont rudimentaires, efficaces : soit le silence de plomb sur le sujet, soit l'interdiction, sous peine d'exclusion, d'évoquer le massacre vendéen autrement que comme une nécessité (exemple: Secher faillit ne jamais soutenir sa thèse). Ironie de l’histoire : le Babeuf qui blâma la Convention, Robespierre et les terroristes, le Babeuf défenseur des Vendéens, reste le même Babeuf considéré par nos "professeurs" comme le père du communisme, le héros de la cause universelle de l'Humanité (on n'est jamais si bien trahi que par les siens, n'est-ce pas?). Mais, contrairement à eux, Babeuf n'admettait pas le crime par nécessité. C'est en cela qu'il n'est pas "communiste" totalitaire. Voilà pour l’aspect comique de la chose. C’est le seul. Délaissons un instant nos camarades et venons-en aux choses sérieuses.

Gracchus Babeuf dénonça les terroristes et Robespierre. Par la suite Fouché lui fit couper la tête


1°) Y a–t-il eu conception d’extermination ? Oui. Il y eut des lois. «Phénomène unique dans l’histoire, écrit Seycher, ce sont les élus d’un peuple souverain qui, le 1er août 1793, à l’unanimité, votent une loi d’«anéantissement» -c’est-à-dire la destruction totale par le feu et le fer- d’un pan entier du territoire dont ils sont les représentants, et quelques semaines plus tard, déçus de n’être pas encore arrivés à leurs fins, votent, le 1er octobre 1793, une nouvelle loi, là encore à l’unanimité, d’ « extermination » de la population de ce même territoire.» (p.26-27). Il fallait définitivement stopper cette guerre : les Vendéens se battaient, prenaient les armes (comme 60% de la France d'alors contre "Paris" et la Révolution). Mais la République était mise en danger: les Vendéens avaient non seulement refusé de participer à la levée des trois cent mille hommes contre l'Europe, mais étaient en outre des "fanatiques": ils avaient décidé spontanément de se battre pour Dieu et pour le Roi.

Un insigne vendéen

En partie pour ces raisons, il était nécessaire qu’ils disparaissent. Voici les ordres des législateurs: « Soldats de la liberté. Il faut que les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d’Octobre ; le salut de la patrie l’exige ; l’impatience du peuple français le commande ». Par "brigands", on entend tous les habitants de la Vendée, « Bleus (républicains) et Blancs (royalistes) confondus ». Bref on va les assassiner, explique Courtois, «non pas pour ce qu’ils ont fait –qui pourrait cesser- ou pour ce qu’ils croient –qui pourrait changer à travers une conversion-, mais pour ce qu’ils sont, du simple fait qu’ils existent ». Cela est typique de la démarche génocidaire : tuer les juifs parce qu’ils sont juifs, les arméniens parce qu’ils sont arméniens, etc. On a bien choisi l'extermination systématique par critère ethnique: vendéen/"race de brigands".


2°) la réalisation de l’extermination : Sécher cite la lettre originale du général en chef des armées de l’Ouest, Tureau, datée du 24 janvier 1794 (conservée dans les archives militaires du Fort de Vincennes) : «J’ai commencé l’exécution du plan que j’avais conçu de traverser la Vendée sur douze colonnes [...] Enfin si mes intentions sont bien secondées, il n’existera plus dans la Vendée, sous quinze jours, ni maisons ni substances ni armes ni habitants que ceux qui cachés dans le fond des forêts auront échappé aux plus scrupuleuses perquisitions». Tureau, sentant que la responsabilité qui l'incombe pourrait se retourner contre lui, cherche à se couvrir et demande l’aval du Comité de Salut Public, aval qu’on lui donne le 8 février : cela, sans état d’âme, en toute "raison". Sécher rappelle qu'un nombre incalculable d’autres témoignages accessibles existent (dont un certain nombre émanant d'officiers républicains, épouvantés), attestant que les contemporains avaient parfaitement conscience de l’abomination qui fut commise. Pour les chiffres des morts comme les méthodes employées, que je renonce à évoquer ici, je renvoie à l'ouvrage-majeur de Secher, La Vendée-Vengé (1986) qui, en décrivant les méthodes utilisées par les révolutionnaires, trace la ligne directrice d'une généalogie française des méthodes nazies et communistes du XXe siècle.

Robespierre dans son éternel costume d'aristocrate:
perruque poudrée et sourire de bichon maltais


3°) Par le concept de mémoricide, Secher rend alors compte de ce qui relève de l'horreur ou, plus simplement, de complicité : «De nos jours, soit deux cents ans après les évènements, ce crime est nié ou, plus surprenant, justifié». Par exemple, l’affaire Bara, montée de toutes pièces par Robespierre (déc. 1793) pour légitimer a posteriori sa politique d’anéantissement de la Vendée, continue d’être présentée comme véridique, alors qu'elle relevait exclusivement de la propagande. Desmarrès, le supérieur de Bara, qui en avait d'abord donné le rapport, fut guillotiné après s'être étonné de la version que l'on faisait subir à son son texte (p.29-30 dans l'avant-propos). Les Conventionnels le redisent: «Il faut s’il est nécessaire, employer le fer et le feu, mais en rendant les Vendéens coupables aux yeux de la nation du mal que nous leur ferons». Et le même esprit continue de sévir dans l'Histoire nationale. Selon Secher, c’est «au nom d’un intérêt pseudo-supérieur de la nation et de la République (ce qui permet tout, justifie tout)» que l’on se permet de réécrire la mémoire de la Vendée, que l’on déforme aujourd'hui encore les faits jusque dans les plus hautes instances universitaires. Une mémoire occultée sciemment, volontairement. Car ces professeurs savent qu’ils mentent. Au cours de l’émission de la chaîne Histoire qui fait la promotion de leur livre (en lien vidéo ici, via ce blog) Reynald Sécher et Stéphane Courtois évoquent la mémoire de la Vendée dans les régimes communistes. Les régimes communistes (totalitaires) considéraient le traitement de la Vendée comme un modèle à suivre. Stéphane Courtois rappelle, qu’au soir du 7 novembre 1917, Lénine demanda : «Où est notre Vendée ?». Il la trouva dans les Cosaques, et publia un ordre écrit d’extermination totale à leur endroit, en 1918. Lénine maîtrisait parfaitement cette histoire, ajoute Reynald Sécher : cet illustre tortionnaire passa ses vacances en Vendée, en 1910, à Pornic (précisément là où un massacre fut perpétré par les Bleus), accompagné de sa femme. Pour plus d'informations sur le lien conscient entre Révolution française et révolution bolchévique, je vous renvoie à la remarquable contribution de Stéphane Courtois au Livre noir de la Révolution française (2008).


Lénine voyait dans la Vendée un modèle historique d'extermination


De même, Pol-Pot, en exterminant une partie de sa population, l’appella aussi « Vendée », pour la simple raison que ... Pol-Pot et son entourage avaient été formés en France par des militants communistes. Or, on le sait en France, remarque S. Courtois, les études sur la Révolution sont contrôlées depuis bien longtemps par des communistes, ou par ceux qui adhèrent de tout cœur, ou de toute leur ambition, à cette histoire officielle. Responsabilité des professeurs, donc. Je ne donnerai pas de nom (la délation étant chose révolutionnaire) mais, qu’ils officient à l’université ou au lycée, cette lignée de menteurs "professionnels" continue à gangréner le XXIe siècle. Par ailleurs, pour reprendre le joli titre d’un ouvrage d'Albert Thibaudet, cette «république des professeurs» n’est-elle pas responsable du désastre général que l’on constate journellement? Inculture, vulgarité, relativisme, réduction de l'histoire de France à la Saint-Barthélémy et à la Révolution française... Tels sont les fruits avariés du communisme, arbre pourrissant de l'éducation nationale.

Pol-Pot ; il a presque l'air gentil en souriant

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Notes

(1) Ce qui étonnera peut-être les humanistes professionnels, c'est que Robespierre s'est lui- même servi de ce concept de "crime contre l'Humanité", pour l'appliquer à ceux qui avaient des cas de conscience et refusaient de tuer au nom de la République! Il disait : «Les massacrés étaient des ennemis politiques, et la clémence qui leur pardonne est barbare, c’est un crime contre l’humanitéPar ailleurs on peut lire ce dossier sur un site royaliste, intéressant par toutes les citations et références qu'il donne sur ce sujet.

Si vous désirez en savoir plus, je vous conseille les lectures suivantes: le livre de Babeuf, la Vendée-Vengé de Sécher, ainsi que Le livre noir de la Révolution française. On trouvera dans ce dernier ouvrage un article de Secher sur l'historique du "mémoricide", ou "le travail de manipulation de la mémoire", qui a commencé en 1830 sous le règne de Louis-Philippe. Pour ce roi citoyen il fallait "nettoyer" la Révolution de toute souillure au nom de l'intérêt supérieur de la nation et des principes "fondateurs" de la Révolution... Enfin, pour allier le plaisir de la lecture à la découverte historique je ne saurais vous recommander assez fortement les Mémoires de la marquise de la Rochejaquelein, dont l'auteur fut successivement l'épouse de deux combattants "vendéens": ces Mémoires constituent ainsi un merveilleux témoignage sur l'héroïsme et l'initiative prise par le peuple vendéen contre la Révolution, laquelle voulait les priver, selon eux, de leur véritable liberté.

Le héros Henri de la Rochejaquelein était le frère du second époux de la mémorialiste La Rochejaquelein

12/05/2009

Révolutionnaires embourgeoisés

Nicolas Gomez Davila (1930)


Voici des phrases à méditer :

« Les révolutions se font pour changer la propriété des biens et le nom des rues. »

Nicolas Gomez Davila, Le réactionnaire authentique.

"Les opinions révolutionnaires ouvrent la seule carrière, dans la société actuelle, qui assure une position sociale respectable, lucrative, et paisible".

" Saint-Just, malgré son comportement de hyène, est un éminent penseur bourgeois; sa fameuse phrase sur "le bonheur" mérite de servir d'épigraphe à des revues féminines".

Nicolas Gomez Davila, Les Horreurs de la démocratie, Anatolia, Ed. Du Rocher (2003)


Tout cela semble-t-il absurde ? L'idée que la Révolution n'est pas incompatible avec la bourgeoisie et la richesse est certes plus tolérée qu'auparavant, mais il est nécessaire d'ouvrir les yeux, non seulement sur l'histoire moderne mais également sur notre histoire contemporaine. Je livrerai trois exemples illustres qui mettront cette idée en lumière.


Joseph Fouché

Ce révolutionnaire terroriste des années 1790, devint richissime avec Napoléon qui l'adouba du doux nom de duc d’Otrante. Pendant un temps meilleur ami de Robespierre, il démontra son civisme en persécutant la propriété privée, les riches et l’Eglise. Il est surnommé le «Mitrailleur de Lyon» pour avoir augmenté le taux d'extermination des vermines par la mitraille (plus efficace et moins coûteux que la guillotine). Pionnier du communisme, il écrit, dans son Manifeste de 1793 : «Tout homme qui a au-delà de ses besoins ne peut plus user, il ne peut qu’abuser». Devant le tribunal où il doit répondre de ses actes, il se tire de ses crimes en rejetant la faute sur son complice, Collot d’Herbois. Il fait tomber Robespierre, son ex-meilleur ami. Ses talents machiavéliques lui valent par la suite de travailler pour Napoléon. Au moment opportun, après Waterloo, il devient chef du gouvernement provisoire. Il finit ses jours millionnaire, exilé par les Bourbons qui tolèrent mal un régicide dans leur royaume.


Daniel Cohn-Bendit


Dany le rouge est devenu Dany le vert. Inscrit en 68 sur la liste noire des étudiants de l’université, c’est un rebelle, un lover de la Révolution. Grand homme surtout, car il est interdit de séjour en France jusqu’en 1978 (l’exil est gage de révolte et de dignité). Il signe sa rupture d’avec la Révolution en 1986 dans son ouvrage : «Nous l’avons tant aimée, la Révolution». Le sous-titre aurait pu être complété par : « Et maintenant, il est où mon pognon? ». Candidat à l’étiquette des verts à la mairie de Francfort, puis au Parlement européen où il siège désormais en tant que grande figure historique, il serre la pince à Sarkozy, conservant ses piques spirituelles et sa grossièreté pour les seuls fascistes. La définition qu’il a donnée de lui-même «libéral-libertaire » lui convient bien. Tout contester mais ne pas se priver. Telle est la devise de la Révolution, telle est la devise des embourgeoisés. Dans le même style on pourra le comparer au révolutionnaire de Neuilly, j'ai nommé Besancenot, mais ce dernier n’a pas encore eu le bonheur de s’illustrer dans une Révolution de grande envergure. On attend donc ce moment entre tous désirable, en lisant son ouvrage Che Guevara : une braise qui brûle encore, qui est un peu l’autobiographie de sa vie antérieure. La crise mondiale et le N.P.A. lui donneront-ils cette occasion rêvée de porter les armes, le béret et le cigare de son idole ?

le moment historique de réconciliation entre l'oppression et la liberté


Mikhaïl Khodorkovski


Enfin, pour ceux qui auraient encore des doutes sur la compatibilité entre conviction révolutionnaire et richesse colossale, on évoquera le cas du fameux oligarque russe, Mikhaïl Khodorkovski, dont l’emprisonnement a suscité l’indignation des classes médiatiques françaises. Arrêté en 2004 et emprisonné depuis par de crasseux anti-américains, il se faisait remarquer, étant jeune, par son grand activisme dans les Jeunesses communistes (Komsomol). Membre du parti, il a tout de même réussi à bâtir une fortune personnelle estimée à 15 milliards de dollars, en dirigeant le groupe Ioukos (pétrole) par la suite. Certains humanistes s’étonnent de ses scabreuses conditions de détention, conditions scandaleuses au vu de sa grande richesse et de son appartenance à la mafia (ou de son communisme? - la question est posée).

25/04/2009

Hollywood poétise la Crise

La vogue des extra-terrestres sauveurs de l’Humanité reprend du galon dans les salles obscures. Exemples avec deux films récents : Prédictions (2009) avec Nicolas Cage, et Le jour où la Terre s’arrêtera (2008) avec Keanu Reeves. 2 films intéressants à décortiquer, pour la teneur en propagande (new age) qu’ils contiennent.

Dans les deux films nous sommes confrontés à l’idée d’une apocalypse imminente. N’y voyez aucun trait relevant de la science-fiction ou de l’imagination. Au contraire ! Les références à l’actualité sont légion. Si légion qu’on prend les films pour ce qu'ils sont : de la morale de masse. Dans Prédictions, le héros, incarné par un Nicolas Cage alcoolique, découvre un manuscrit nostradamesque datant des années 60, et contenant, sous forme de suite de chiffres, la liste des grandes catastrophes humaines (crash, explosions, incendies, 11 sept.) advenues depuis 40 ans. Et bien évidemment, le manuscrit contient les catastrophes à venir, parmi lesquelles la fin du monde.

N. Cage déchiffre un manuscrit dans Prédictions


Dès le début du film Le Jour où la terre s’arrêtera, les informations télévisées annoncent, suite à l’atterrissage d’un OVNI, que le monde entier est aux aguets. Les croyants de toutes religions s’unissent en prières. Poutine, Benoît XVI prononcent des discours pacificateurs (Obama le Messie n’avait point encore été élu lorsque le film fut tourné). Toujours dans ce film, Les responsables religieux parlent d’une nouvelle ère à venir. La crise de panique étend ses bras de pieuvre sur l’humanité épleurée. « Ils refusent de changer », diagnostique un extra-terrestre en mission sur la terre depuis 60 ans. Déguisé en humain, il s’est créé une famille, et sa sensibilité l’empêche d’être impartial : « je ne pense pas qu’il faille les détruire. Non il ne faut pas les détruire. Les humains ont en effet une autre facette, qui est attachante », dit-il à l’extra-terrestre venu sauver la planète de la race humaine (Keanu Reeves incarne cet extra-terrestre salvateur). Un prix Nobel de mathématiques aura même ce mot, superbe témoignage de sa bonne foi : «ce n’est qu’au bord du précipice qu’on peut évoluer». Les humains ne seront donc pas détruits, s’ils acceptent d’évoluer ? Eh bien, ils surviveront. Finalement Keanu se laissera attendrir par les yeux de l’héroïne. Vous avez une autre facette, lui dira-t-il avant de mourir dans un nuage de poussière ! Keanu l’extra-terrestre, qui a le pouvoir de ressusciter les morts, de guérir n’importe quelle blessure, épargnera l’Humanité par compassion, après lui avoir asséné une sévère leçon par le biais d’un Robocop haut de trente-six mètres , au moyen de son regard laser destructeur. Ce nouveau Jésus dit aux hommes d’être moins pollueurs, et ça marche.

Le robot châtieur dans Le Jour où la Terre s'arrêtera (titre original: The Day the Earth stood still)


Mais dans Prédictions, tout n’est pas si rose. L’apocalypse aura bel et bien lieu. Et seuls seront sauvés les "élus". Les élus sont des enfants montrant une aptitude particulière, qui consiste à lire l’avenir. Ces élus sont soigneusement sélectionnés, et finalement transportés, puis déposés dans des mondes extra-terrestres où, deux par deux, ils rejoueront Adam et Eve dans de nouveaux jardins d’Eden. Pendant ce temps, le reste de l’humanité est mort et la terre avec eux (parce qu'ils le valaient bien). Il n’est pas inutile d’observer la tête des androïdes chargés de sélectionner les «élus» : apparemment ce sont des hommes, très blancs de peau, aux cheveux blonds et aux yeux noirs : des albinos qui ne se déplacent que la nuit. Des hommes qui n’en sont pas, après tout peu importe de savoir ce qu’ils sont. L’important est de savoir qu’en ouvrant la bouche ils peuvent déclencher un ouragan.

Grâce au précieux manuscrit trouvé qui lui indique les prochaines catastrophes , N.Cage assiste en live et en exclu à des crashs aériens (Prédictions)


Tout cela est pétri de beaux sentiments et de menace de destruction. Je le répète, on en rirait si les échos de l’actualité ne venaient s’y faufiler. Par exemple, il est clair que lorsque Keanu vient sauver la terre des humains, c’est un souci écologique qui le motive. Un postulat écologique interplanétaire puisque c’est sur le conseil de là-haut qu’il est venu effectuer sa mission. Trop pollueuse, engeance destructrice, bonne à rien, l’espèce humaine mérite de mourir, mais la bonne terre Gaïa qu’ils spolient ne mérite pas, elle de mourir. C’est elle, et elle seule, qu’il faut sauver. Quant à Prédictions, idem: même si l’Apocalypse est censée être une conjonction des efforts destructeurs des hommes et de la nature, les hommes mourront, sans qu'ils y soient pour quoi que ce soit, à cause de la poussière de soleil... Le soleil, ancienne divinité mythologique bafouée, prouve son pouvoir en distribuant la mort.

Ainsi dans ces deux films Gaïa et Râ rugissent, réclamant les droits que les siècles de corruption leur ont ôtés. A quand un film où un dieu-lune s’avancera muni d’un sabre pour châtier les incroyants?

Une autre convergence consiste dans la description des extra-terrestres : ils sont comme des hommes, humains et divins à la fois, bons et châtieurs en même temps. L’un, campé par Keanu Reeves, a débarqué sur terre dans son OVNI, ressemblant plus à un androïde aquatique (sans yeux ni bouche) qu’à un homme. Blessé par balles par les policiers xénophobes, il se retrouve à l’hôpital dans un état critique. C’est là qu’il se défait de sa chair pâteuse pour découvrir l’homme, beau comme un sou neuf (c'est Keanu!). Cet homme est plus humain que les humains même, il est d’autant plus doux et compréhensif qu’il est capable de tuer quiconque s’oppose à ses volontés. On a également droit à une scène d’OVNI dans le film Prédictions, et là, l’allusion à des dieux est plus que troublante. Il s'agit de la scène finale où les « élus » montent en vaisseau. Et les extra-terrestres à bord, eux aussi androïdes informes et transparents, sont auréolés d’ailes gigantesques qui les assimilent, dans l’imaginaire du spectateur, à des anges. Ces «anges» refusent pourtant que le héros Nicolas Cage, papa de l’élu, monte dans l’ovni ; car seuls les élus s’embarqueront pour un nouvel Eden. Comme je l’ai déjà mentionné plus haut, d’autres extra-terrestres constellent le reste de ce film : ils ressemblent à des albinos, aux traits fins et aux yeux inexpressifs, au souffle destructeur , et malgré leurs pouvoirs immenses et leur empathie certaine, ils laissent l’humanité mourir.

D’une part, on a une idélogie païenne très à la mode, axée sur la vengeance des éléments naturels (terre et soleil/Gaïa et Râ, ou autre) ; d’autre part des extra-terrestres qui nous sont si supérieurs moralement qu’ils décident positivement, de façon pragmatique, de nous détruire ; tout cela sur fond d’actualité et de catastrophes, de crise mondiale et de solidarité écologique. Tout cela pue la propagande. Et pour cause, les deux films sont des navets (Predictions étant tout de même d’une qualité légèrement supérieure au Jour où la Terre s'arrêtera, lequel, qui pis est, est un remake). Le cinéma devient le relais des médias sur la conduite citoyenne à adopter. Quoiqu’il en soit, les deux films appellent à une nouvelle ère, évoquant une crise subite de plein fouet (crise comparable à une poussière de soleil ou un O.V.N.I.) laquelle crise, dans la douleur, accouche de l’Homme Nouveau, l'Ere du Verseau supplantant celle du Poisson, engageant tout sectateur de la télévision à respecter la planète avant ses voisins. On n’ose pas parler de néo-communisme orwellien, car le seul pouvoir de révolte que le citoyen mondial détienne, consiste dans le tri des déchets et la limitation des naissances : bref l’engagement citoyen. Le respect de Gaïa passe par le tri écologique et le contrôle de la population (quand on est trop, on pollue).

L’autorité revient aux plus intelligents : le petit nombre de dieux à l’apparence humaine décide de notre survie, de notre mort et de notre avenir. Fiction, me demandez-vous ? Pour l’emballage, peut-être. Propagande ? je l’affirme. N’a-t-on pas vu dernièrement un certain président publier une lettre dans 30 journaux internationaux? Le sommet du G-20 écrit-il, doit permettre d'ouvrir une «ère nouvelle d'engagement économique capable d'empêcher à l'avenir une telle crise de se reproduire» ? ... L'évolution au bord du précipice, hmm? Les O.V.N.I.S. et catastrophes, les "crises mondiales" servent à prévenir et à guérir l’humanité de ses torts ancestraux, etc. N’a-t-on pas entendu tout récemment un «vert», Yves Cochet, s’efforcer de faire entendre raison aux "citoyens du monde", les enjoignant d'arrêter de faire des enfants sous peine d’être privés d’allocations ? Ce même Yves Cochet dans sa supplique alla jusqu'à avancer qu'un gosse coûtait 620 aller-retour Paris-New York. Et voilà pour la morale: un gosse c'est pourri, ça balance du Kerozène sur l'océan; vous voyez pas que l'humain c'est pourri par essence ?

Une contradiction immense se fait jour : les films de science-fiction réduisent désormais l’imaginaire à zéro. Pour couper court à toute velléité d’évasion et remplir l’imagination de préceptes « moraux ». Pour conditionner même nos rêves (qui n’a jamais rêvé à partir de livres/films de S.-F ?)... Quoi ! les extra-terrestres sont écologistes ! quoi ! ils sont malthusiens avec cela ? En réalité, on vous dit que même si les extra-terrestres ont une conscience sociale, c’est donc qu’un humain aussi pouilleux que vous en est capable.

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Edit.: après la rédaction de ce message, j'entendis Obama déclarer, en riant, qu'il était le Messie venu sauver ... la planète Terre! Et tout le parterre de s'esclaffer. L'humour, le meilleur moyen pour faire passer des vérités. L'écologie, nouvelle religion... C'est officiel, et c'est pour rire! Ha! ha! ha!