31/10/2009

La Villa Ephrussi de Rothschild, à Saint-Jean Cap-Ferrat


Aux amoureux du patrimoine français, ce message est pour vous. Un peu de musique pour accompagner votre voyage dans le temps (Ray Noble, "Midnight, The Stars and You", souvenir de ma jeunesse des années 30) ...

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La Baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild (1864-1934) fit construire cette belle villa au début du siècle dernier, entre 1905 et 1912. Cette riche héritière sans enfant décida, à la mort de son père Alphonse de Rotshchild, de faire construire une maison à sa convenance. Si Béatrice de R. peut être comparée, à travers son goût de l'architecture et du Beau, à Louis II de Bavière, elle se différencie de ce dernier par sa relative modération. Elle ne construisit pas de château en Bavière mais, en acquérant un terrain de 7 hectares, fit bâtir son palais de rêve sur les hauteurs de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Avec Louis II, elle partage le même culte pour le souvenir de la reine Marie-Antoinette: une vénération qui se traduit par la couleur rose de la façade (cf. photos ci-dessus), la présence d'une belle roseraie dans le jardin, et l'aménagement intérieur reconstituant les hôtels particuliers parisiens du XVIIIe. Elle ordonna des travaux de terrassement et d’arasement de la roche, avant de trier les meilleurs architectes sur le volet, choisissant enfin Nicolas-Aaron Messiah pour l’exécution de son plan.

Un patio à ciel ouvert? Non, le plafond en plâtre est suspendu par des milliers de fil de fer!

(Source : cliquez sur l'image)


Extérieurement, sa maison s'inspire du style de la Renaissance italienne. A l’intérieur, excepté le grandiose patio, elle privilégie le XVIIIe siècle, à l’aide de boiseries et de vestiges en provenance d’hôtels parisiens détruits, qu'elle avait acquis au préalable. En bon « connaisseur d’art », quelque peu mégalomane, Béatrice de R. achète le nécessaire utile à son prochain aménagement : des tapis d’Aubusson, des tableaux de Boucher et de Fragonard, de la porcelaine de Sèvres et des tapisseries des Gobelins. Elle importe, pour son "salon chinois", des portes en laque du palais impérial de Pékin (datant du XVIIIe siècle). Au total, Mme Ephrussi réunira plus de 5000 œuvres d’art différentes, contribuant à faire de sa demeure un joyau entre ciel et terre...


Arrivé à l'étage, on se demande si l'on se trouve à Versailles ou Hollywood...

Le salon "Louis XV": un tapis d'Aubusson et une oeuvre de Boucher

(source: cliquez sur l'image)


La guerre, éclatant en 1914, vient arracher Mme Ephrussi à sa demeure toute neuve. Après cela, elle s’en détachera et la louera de temps en temps à son oncle, mais n’y reviendra plus. Elle ne semble pas touchée par le syndrome de l'entre-deux-guerres, ni en conformité avec son temps des années folles... Que deviendra donc cette splendide bâtisse, vidée de sa châtelaine et de son âme? Dans son testament rédigé en 1933, elle désigne l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France pour l’ouverture d’un musée en sa villa, dédié à la mémoire des ses parents. Et elle continuera, jusqu’à la fin de sa vie, à faire des acquisitions pour sa villa.

La vue sur Villefranche depuis le Jardin Japonais

(Source: cliquez sur l'image)

Consolons-nous, car les jardins valent autant le détour que la villa en elle-même. Bénéficiant d’une vue splendide sur la rade de Villefranche, ils ravissent aussi bien l’esthète que le touriste, le badaud que le poète … Le jardin italien, ou florentin, est bordé de cyprès et rappelle la Toscane. Plus loin, le jardin japonais s’agrémente de bambous et d’une petite chute d’eau. Le Jardin provençal peuple le flan de la colline de grands oliviers. On compte également une belle roseraie, un jardin exotique (mexicain) envahi d'une multitude de cactus ! Un paradis terrestre...

Surplombant le terrain, le temple de l’Amour offre une vue magistrale sur le jardin dit «classique», ou à la Française, qui s’achemine vers la villa par deux allées de gravier blanc.

Le temple de l'amour surplombe le Jardin "à la Française"

Pour vous donner une idée de la beauté de ces lieux, rendez-vous sur le site du musée ici, à défaut de vous y rendre en personne, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, (Var) et ce, en n'importe quelle saison de l'année... Il y fait toujours beau!



Une vue de la villa by night

4 commentaires:

Poussière d'Etoiles a dit…

Magnifique mademoiselle Néo, comme d'habitude!
Nous rêvons en voyant ces images magnifiques et nous sommes émus jusqu'aux larmes en écoutant Ray Noble, chanteur de votre jeunesse ...
Franchement, je pensais que vous êtiez plus jeune! (lol)

Grosses bises

Neodyme a dit…

Merci chère Poussière. Est-ce vous sur la vidéo?

Bien à vous

Neo

Poussière d'Etoiles a dit…

Bonsoir très chère Néo

Eh non ce n'est pas moi sur la vidéo... Remarquez j'aurai bien aimé savoir danser comme elle!
Que nous préparez-vous comme nouvel article?
bibises

Poussière d'Etoiles a dit…

Chère Néo

A quand votre prochain article?

Bonne année!